Ceux-ci sont fort simples: un temps limite est accordé pour chaque distance: 13h30 pour le 200 km, 20h00 pour le 300 km, 27h00 pour le 400 km, 40h00 pour le 600 km, et 75h00 pour le 1000 km. Ces délais sont sans neutralisation, c'est-à-dire que le chronomètre n'arrête qu'à l'arrivée du cycliste. Bien entendu, les cyclistes doivent suivre scrupuleusement le trajet. Pour s'en assurer, les randonneurs doivent pointer une "carte de route" dans des lieux indiqués sur la feuille de trajet. Ces points de contrôle sont situés à tous les 50 km environ. Le long de certains trajets, des points de contrôle secrets peuvent être installés. Dans ce cas, les cyclistes sont interpellés sur la route par les contrôleurs. Pour être homologué, le cycliste doit avoir présenté sa carte à tout les contrôles (y compris, les contrôles secrets) et ce, pendant les heures d'ouverture du point de contrôle (rien à voir avec les heures d'ouvertures des magasins). Les heures d'ouverture sont calculées pour permettre aux cyclistes de maintenir une vitesse moyenne d'au moins 15 km/h arrêts inclus.
Ces règles sont suivies par tous les randonneurs mondiaux. L'Audax club parisien maintient un bilan des randonnées organisées à travers le monde, de même qu'un calendrier. C'est également ce club qui décerne le label officiel de BRM aux Brevets organisés par les clubs de tous les pays participants.
Les BRM, c'est une sorte de défi lancé au corps et à l'esprit. Plus d'un randonneur vous le dira: c'est d'abord dans la tête que ça se passe! Il n'y a pas de vainqueur réel, un premier arrivé, une première arrivante, certes applaudis, mais guère plus. Le seul adversaire: soi-même. Arriver à temps aux points de contrôle et à la ligne d'arrivée, vaincre le sommeil, continuer à pédaler malgré la nuit, la fatigue, le froid, la chaleur, le vent, la pluie, voilà les défis à relever.
Qui sont donc ces randonneurs? Faut-il être un "super athlète"? Bon nombre de randonneurs sont des "cyclo-sportifs", mais il y a aussi des cyclistes "ordinaires". Bien sôr, on ne peut décider de faire un brevet de 200, 300, 400 ou 600 km du jour au lendemain. Il faut savoir rouler et aimer rouler longtemps, sans s'arrêter. Mais contrairement aux apparences, ces brevets sont à la portée de tous, car chacun y va selon son rythme et sa vitesse. Les plus rapides franchissent la ligne d'arrivée au moment où les plus lents arrivent à la moitié du parcours... Tous reçoivent la même récompense à l'arrivée: la satisfaction d'avoir réussi. Pour qui le désire, une médaille-souvenir peut-être achetée!!!
Mais les souvenirs forgés dans ces kilomètres parfois exaltants, parfois pénibles, c'est dans les fesses, les jambes, le dos, mais aussi la tête et le coeur qu'ils restent gravés. Par exemple: Paris-Brest-Paris, c'est le départ dans la banlieue parisienne au bord de la nuit. C'est la foule qui vous encourage à coups de "bonne nuit", "bonne route". C'est la lune qui vous éclaire sur une petite route de France. C'est les hallucinations dôes au manque de sommeil. C'est le somme piqué au bord de la route ou dans un champ. C'est la chaleur du soleil et les enfants qui vous offrent de l'eau ou leur parents qui vous offrent du cidre. Ce sont les familles bretonnes debout dans la nuit pour vous offrir café et gâteau. C'est les yeux rougis des participants arrivant à Paris. C'est le calme et la joie d'être fatiguée mais de "l'avoir fait"...
La participation québécoise est plus récente. Bien que des brevets soient organisés depuis 1989 à Montréal, ce n'est qu'en 1991 que les brevets sont officiellement inscrits au calendrier des Brevets de randonneurs mondiaux. C'est le Club vélo randonneurs de Montréal qui organise la série de BRM québécois (à Montréal et à Québec).
En août 1991, PBP fêtait son centenaire. A cette occasion, 4 Montréalais (3 hommes et 1 femme) ont pédalé parmi les 3276 participants en provenance de 18 pays différents (avec une majorité de Français: 2211 et un fort contingent d'Américains: 398). Au dernier PBP (août 1995), on a compté 2860 partants, dont 6 partants du Club vélo randonneurs de Montréal (1 femme, 5 hommes dont un a abandonné).
Depuis 1988, les années où PBP n'a pas lieu, des Américains organisent Boston-Montréal-Boston sur le même principe: 1200 km en moins de 90 heures. Cependant, BMB est réputé plus difficile que PBP: moins grande organisation (environ 100 partants en 1992 et en 1993), pas de fléchage du parcours, solitude des cyclistes, et dénivelé plus important.
A compter de 1901, PBP est devenue une course décennale. En plus des coureurs professionnels, un certain nombre de "touristes routiers" (Ah! la beauté des paysages nocturnes en Bretagne...) s'alignaient au départ. En 1931, les non professionnels inscrits à PBP prennent le nom de "randonneurs", car ils sont sous l'égide de l'Audax club parisien. Celui-ci décrète que pour réussir ce "super brevet", les randonneurs doivent parcourir le trajet en moins de 90h00. Bref, Du gâteau!
En 1956, bien que la course professionnelle de PBP ait été annulée, une centaine de randonneurs prennent le départ à Paris. Seulement 44 sont "homologués" pour avoir parcouru la distance de 1200 km en moins de 90h00. A partir de là, l'épreuve est organisée par l'ACP à tous les 4 ans (sauf bien sôr durant la guerre). En 1971, quelques Américains et Anglais ayant eu vent de l'affaire, réussissent à s'inscrire à PBP. En 1983, devant l'intérêt international soulevé par cette épreuve et par les brevets à allure libre, un organisme voit le jour: Les Randonneurs mondiaux.
Une douce folie les BRM, PBP et BMB? Peut-être, mais pourquoi pas!
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